| La symbolique du 16 mai 2009 |
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| Écrit par Armand Wildanger |
| Dimanche, 17 Mai 2009 10:02 |
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La manifestation contre l'abolition des acquis sociaux a eu lieu le samedi, 16 mai. Son succès est incertain, reste à voir. La bonne nouvelle, c'est que les salariés et fonctionnaires ont démontré qu'ils sont capables de se mobiliser.
En même temps, les mêmes syndicats qui ont menacé d'appeler à la grève générale en 2006 si les patrons allaient toucher à l'adaptation automatique des salaires au coût de la vie, ont gelé cette adaptation eux-mêmes, lors de négociations à huis clos - on comprend pourquoi- avec les patrons et le gouvernement. Incompréhensible dès lors comment ils sont capables d'applaudir lorsque le Président du syndicat des banques et assurances affirme haut et fort qu'il était contre ces manipulations en 2006 et qu'il est toujours resté sur sa ligne. Les faitsEn 2006, au vu de l'estimation -erronnée par ailleurs- de la situation budgétaire de l'époque, le gouvernement s'est réuni avec les patrons et les syndicats ogbl, lcgb et cgfp (syndicat des fonctionnaires publics) pour décider d'un commun accord des mesures d'économie à prendre afin d'assainir les finances publiques. En amont de ces négociations au nom de tous les travailleurs, les syndicats ogbl et lcgb avaient menacé leurs partenaires de négociation, le gouvernement et les patrons, d'une grève générale au cas où il devait y avoir des manipulation de l'adaptation automatique des salaires au coût de la vie ("Indexation", faussement appelée "index"): "touche pas à l'index" était la devise de l'époque. Incompréhensible dès lors comment les mêmes syndicats on pu signer, quelques semaines plus tard, le gel de l'indexation des salaires et des retraites. Par ailleurs et entre beaucoup d'autres décisions, les prestations familiales ont été désindexées, ce qui signifie que leur montant restera constant, même en cas de forte inflation. En 2008, une motion a été introduite au parlement demandant la remise en place immédiate de l'indexation. A ce moment, les syndicalistes-députés des deux syndicats susmentionnés ont changé de veste une fois deplus et ont voté contre les intérêts des salariés, dans une pure motivation de politique politicienne, et on refusé la réintroduction immédiate de l'adaptation des salaires au coût de la vie. Vous noterez en passant que le gouvernement est constitué exclusivement de membres des partis politiques auxquels appartiennent les syndicalistes parlementaires des ogbl (la gauche soialiste) et lcgb (la droite chrétienne). Un autre exemple est la fameuse "Mammerent", le forfait d'éducation. Le gouvernement a décidé de financer ce "cadeau électoral" par les deniers de la Caisse de pension des Employés Privés, soit les caisses dont on nous fait croire maintenant qu'elles sont vides et dont la situation financière ne permettrait plus de financer vos retraites au taux actuel. Les syndicats ont protesté contre cette décision, en figure de proue l'ancie président de l'ogbl. Or, ce dernier était assis en même temps aux bancs du Parlement en tant que député socialiste. Avec lui, le secrétaire général du lcgb ainsi que son second ont voté la loi sur le forfait d'éducation, y compris son mode de financement - même si indirect - par la Caisse de pension! Il n'y a pas de girouettes en politique, il n'y a que le vent qui tourne! Il échet dès lors de comprendre que les syndicalistes au Parlement ne sont pas une garantie ni même un engegement pour une politique plus sociale. Au contraire, voir la roadmap! ExplicationsNous avons parlé de syndicalistes-députés. En effet, il a toujours existé des liens étroits entre le parti de la droite chrétienne et le syndicat lcgb. Les présidents de syndicat utilisent traditionnellement ce dernier comme tremplin pour une carrière politique (Jean SPAUTZ, Marcel GLESENER pour le LCGB). L'actuel président Robert WEBER fait encore plus fort en étant candidat sur les listes du PCS (Parti chrétien social) en même temps qu'il est encore président du syndicat lcgb. Le Secrétaire général, Marc SPAUTZ, a également été sur les bancs du parlement durant 5 ans ainsi que son second Aly KAES. Pareil pour l'ogbl qui s'est toujours confondu avec la gauche politique. Son ancien Président John CASTEGNARO a également embrassé une carrière politique après s'être retiré de la présidence de l'ogbl. Les Ministres Lux et Bartholomeo ont été secrétaires syndicaux de l'ogbl. Et la liste n'est pas exhaustive. Il est donc coutume au petit Luxembourg que des syndicalistes soient en même temps des hommes et femmes politiques. Ce que cela entraîne peut facilement s'entrevoir aux résultats: il n'y a jamais eu autant de démontage social au Luxembourg qu'à une époque ou il y a eu un nombre aussi élevé de syndicalistes au parlement. Cela d'autant plus que lorsqu'ils changent de tenue pour passer du syndicat aux bancs du parlement, ils changent également d'opinion: politique partisane oblige!
Pourquoi avant les élections législativesNous constatons donc que le démontage social le plus important de notre Histoire a été opéré en collaboration avec les syndicalistes que vous avez vu au premier rang en date de ce 16 mai. En outre, le choix judicieux de la date de la manifestation a permis aux politiques en lisse de se présenter aux élections législatives du 7 juin 2009 de profiter de l'occasion pour se montrer à la télé. Ainsi donc et surtout le président du lcgb qui était en même temps candidat sur la liste électorale de la droite (PCS) est resté en défaut d'expliquer aux salariés sous quelle casquette il participait à cette manifestation.
Roadmap
Indexation des salairesLe Premier ministre: si des modulations indiciaires s'avèrent nécessaires, elles se feront dans le dialogue social (vendredi 15 mai 2009, Conseil des ministres, 1 jour avant la manifestation du 16 mai) Cela veut tout dire. En collaboration avec les amis partisans des syndicats ogbl et lcgb, le gouvernement a carte blanche pour les manipulation de l'index. Ces syndicats ont montré à suffisance de quoi ils sont capables à huis clos. Une autre de ces phrases dont le Premier ministre a le secret: il n'y a aucune raison de toucher à l' "Index" tant que l'inflation est si peu élevée. Or, les adaptations des salaires au coût de la vie ne jouent que quand l'inflation est élevée. En d'autres termes: au moment où les salariés auront le plus besoin de l'augmentation automatique des salaires, le gouvernement et ses syndicats vont neutraliser (euphémisme) le mécanisme de l'indexation des salaires. Le ngl-snep est le seul syndicat, avec l'aleba, à avoir pris position clairement et sans équivoque contre cette hypocrisie des syndicats cgfp, ogbl et lcgb dès les manipulations de 2006. Nous avons clairement articulé que notre participation à la manifestation du 16 mai ne symbolisait pas notre solidarité avec les syndicats organisateurs, mais bien avec les salariés.
Cotisations sociales
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| Mise à jour le Mardi, 04 Août 2009 17:14 |




