| Le spectre de la compétitivité |
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| Écrit par Armand Wildanger |
| Vendredi, 19 Mars 2010 10:37 |
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Or, aussi savant que ce mot "compétitivité" puisse sonner, sortant de la bouche de tous ces "experts", le terme mérite d'être expliqué au vu de ses multiples composantes. De façon générale, la compétitivité peut être définie comme étant la capacité d'une entreprise (au sens large) voire même d'un pays à accroître ses parts de marché sur le marché national aussi bien que sur le marché international. Cette compétitivité se divise en deux composantes, la compétitivité par les prix et la compétitivité structurelle (hors prix). La compétitivité-prix est la capacité à proposer des produits moins chers que la concurrence sur le marché domestique aussi bien qu'à l'exportation. La compétitivité structurelle (hors prix) est la capacité d'imposer des produits indépendamment de leur prix, en présentant une gamme complète de produits répondant à la diversité des revenus ainsi qu'à celle des goûts. Il est important de noter que la compétitivité-prix se compose:
La compétitivité hors prix se compose notamment de:
A noter que les "experts" sont communément d'accord sur le fait que la compétitivité-prix (celle qui inclut les salaires) porte des effets à court terme alors que la compétitivité structurelle vise le long terme. Voilà pour la théorie. Nous constatons que les patrons luxembourgeois ont une vue pour le moins bornée de la compétitivité telle qu'ils la prônent dans la presse, en se limitant essentiellement à parler de l'effet des salaires. Or, nous l'avons vu, les salaires influent sur le court terme alors qu'il faudrait pouvoir espérer une sortie de crise durable, et là, nous retournons dans la compétitivité structurelle qui exige des compétences qualifiées de la part des enteprises. La compétitivité limitée aux salaires pousse les patrons à comparer nos salaires directement à ceux des Polonais et autres Tchèques. Tout en oubliant que les salariés Polonais et Tchèques ne paient pas des loyers, prêts, voitures, et biens luxembourgeois qui profitent tous aux entreprises luxembourgeoises. Et les entreprises polonaises de ne pas payer la même TVA et les mêmes impôts commerciaux que les entreprises luxembourgeoises. Le fait de niveler les salaires luxembourgeois par le bas n'est donc pas une garantie pour l'accroissement de la compétitivité des entreprises luxembourgeoises. Au contraire, c'est la meilleure façon pour faire du Luxembourg un désert humain. Essayez pour tester la compétitivité structurelle de nos entreprises, de commander des biens par internet au Luxembourg, vous constaterez que vous êtes dans un pays en voie de développement dans ce domaine: sites inexistants, mal construits, ne reprenant pas les produits proposés, etc... Avant de s'attaquer aux revenus des travailleurs, les entreprises doivent faire leurs devoirs à la maison et ne pas se contenter de chercher la solution de facilité, au risque de mettre la paix sociale gravement en danger.
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| Mise à jour le Lundi, 22 Mars 2010 09:24 |



Dans le cadre des réunions tripartites entre patronat, syndicats et gouvernement, les représentants patronaux clament sans cesse que l'issue de la crise passera inévitablement par une augmentation de la compétitivité.
