La direction de Brink's Luxembourg, dont le siège est à Hamm,
n'a hier pas souhaité s'exprimer sur le sujet.
Face au refus de dialogue social de la part de la direction de Brink's Luxembourg, le NGL-SNEP a décidé d'entamer une procédure de conciliation. La grève dans l'entreprise de gardiennage est imminente.
La délégation du personnel de l'entreprise Brink's et le NGL-SNEP dénoncent une violation systématique des droits des salariés par la direction. Brink's emploie actuellement 970 salariés au Luxembourg. / De notre journaliste Olivier Landini
La direction nous a clairement dit que si ses agissements n'étaient pas légaux, on n'avait qu'à l'attaquer», expliquait hier Régis Simoneschi, président de la délégation du personnel de Brink's Luxembourg, qui déplore un dialogue social au point mort avec sa direction depuis plus d'un an. Face à ce refus de vouloir dialoguer, la délégation du personnel, soutenue par le syndicat majoritaire dans l'entreprise de gardiennage - le NGL-SNEP - a donc décidé de porter l'affaire en justice et de mettre en route une procédure de conciliation. La grève des agents de gardiennage est donc imminente chez Brink's Luxembourg qui emploie aujourd'hui quelque 970 salariés, dont 80% de frontaliers.
Violation des dispositions légales sur le congé, retraits illégaux sur salaire, système d'astreinte gratuit au profit de l'entreprise, comité mixte bafoué et court-circuité. «Plus on fouille, plus on se rend compte que cette entreprise pratique une violation systématique des droits des salariés», indiquait hier Armand Wildanger, secrétaire général au NGL-SNEP.
Sans compter les «pressions» et autres «menaces» auxquelles serait soumis le personnel. Les salariés seraient en effet sous une surveillance permanente, à en croire Régis Simoneschi. La direction guetterait le moindre manquement de ses agents pour prétexter une faute grave et ainsi disposer d'un motif de licenciement. «On a davantage peur de rencontrer nos chefs que des braqueurs quand on est en service. Il y a un clivage qui s'est créée entre la direction et les salariés. Les gens viennent travailler le matin avec la peur au ventre, craignant de devoir annoncer l'après-midi à leur femme qu'ils ont été remerciés. Vous êtes en effet viré du jour au lendemain dans cette entreprise», relate le président de la délégation.
Des salariés armés sous pression
À en croire les chiffres avancés par le NGL-SNEP, Brink's Luxembourg licencierait en effet cinq personnes par mois depuis octobre. Les procédures de licenciements affecteraient même des délégués du personnel. «Ils ont probablement trop de personnel et pas le travail nécessaire pour les employer», estime Régis Simoneschi. De plan social, la direction ne voudrait pourtant pas entendre parler. Cela risquerait en effet de lui revenir beaucoup plus cher que la stratégie adoptée actuellement, même si celle-ci se révèle illégale. «Il y a un quota. Tous les mois, il y a des gens qui doivent dégager», poursuit le président de la délégation.
Armand Wildanger se disait hier très préoccupé par la situation, ne cachant pas qu'il craignait même qu'une grève sauvage n'éclate prochainement (comme c'est le cas en Belgique, d'ailleurs).
Le secrétaire général du syndicat se disait également très inquiet de savoir qu'une grande partie des salariés qui se retrouvent aujourd'hui sous pression chez Brink's sont armés. Et toujours à en croire Armand Wildanger, certains salariés lui auraient même confié qu'ils pensaient au suicide.
Après l'échec, la semaine dernière, de faire intervenir l'Inspection du travail dans ce conflit et face à ce que le NGL-SNEP qualifie de «sabotage des relations sociales civilisés», le syndicat a donc décidé de porter l'affaire en justice et de mettre en route une procédure de conciliation en vue de pouvoir entamer une grève légale.
Contacté hier par nos soins, le secrétariat de l'entreprise Brink's Luxembourg nous a confié que la direction (dirigée par Laurent Turmes, ancien directeur de Villeroy & Boch) ne souhaitait pas s'exprimer sur le sujet.